Le Centre d'Enseignement Général et Agro - Pastoral (CEGAP)

Ce centre, situé à Yaba dans la province du Sourou, est avant tout un état d'esprit fondé sur la formation collective. Il a pour but de diminuer la perception de l'école coloniale qui priviligie la formation de la tête au détriment du reste de l'individu.

Il donne une éducation non seulement théorique mais surtout pratique, en liant Education - Production - Enseignement.

Cette formation a pour objectif d'enseigner les techniques agricoles nécessaires au développement. Elle vise à rendre, au bout de deux ans, l'étudiant capable de mettre en place, de suivre, d'organiser et de gérer une exploitation de type polyculture - élevage.

Le recrutement des étudiants est effectués par un groupement villageois. Les représentants de chaque village choisissent le jeune qui va suivre cette formation.

De retour dans son village, le jeune profesionnel conduira son exploitation et transmettra une partie de ses connaissances et de son savoir faire aux autres villageois pour lesquels il servira de référence technique.

Le CEGAP a ouvert ses portes le 5 décembre 1992. La troisième promotion du CEGAP, forte de 27 élèves dont 3 filles, est en place depuis la fin du mois de juin 1997. La faiblesse de l’effectif féminin est due, en partie, à l’absence de dortoirs spécifiques pour les filles. Cet état de fait disparaîtra dès la réalisation de la deuxième tranche des travaux. Deux promotions ont déjà terminé leur formation. Les jeunes sont retournés dans leur village, dotés d’un prêt de 1000 FF. qui doit les aider à réaliser un projet conçu pendant leur séjour au CEGAP. Laurent KI, formateur chargé de les suivre et de les conseiller, a dressé un bilan très encourageant. La plupart des jeunes ont réussi à mettre en place leur activité de production et à rembourser les prêts. Le Directeur du CEGAP, Amidou OUEDRAOGO attache de l’importance à ces actions de suivi. Il a créé l’Union des Groupements Sikoudoins qui rassemble les anciens « cégapiens ». Cette structure associative est appelée à évoluer en coopérative pour mieux assurer sa vocation d’économie solidaire.

Sur les deux dernières années d’exploitation, les résultats des cultures vivrières et des cultures de rente ont donné satisfaction. En ce qui concerne le gros élevage, le temps de latence nécessaire à l’engraissement ne permet pas encore de tirer des enseignements comptables relatifs à cette activité. L’activité maraîchère, quant à elle, a été lourdement pénalisée par les problèmes d’irrigation. Les deux puits existants ont révélé des débits trop faibles pour permettre la mise en place d’une installation rationnelle de pompage. Un forage a été réalisé directement sur la zone destinée aux cultures. Il offre un débit de 5 m3/h. La surface maraîchère a été réduite - 1,75 ha au lieu de 2 ha - et déplacée par rapport à sa situation initiale. Cette nouvelle localisation permet d’avoir un puits destiné à abreuver les animaux en dehors de la clôture et d’obtenir un meilleur centrage par rapport au forage. Ce dernier est équipé d’un dispositif de pompage immergé, alimenté par un groupe électrogène. La distribution de l’eau vers les différentes zones de la parcelle se fait par gravité, au travers de 6 bassins de distribution étagés. A partir de ces bassins, il sera possible d’arroser par puisage à l’arrosoir, par irrigation ou arrosage par tuyau souple. Le coût total de cette opération, clôture du périmètre maraîcher incluse, s’élève à 106 500 FF. L’installation n’est pas encore opérationnelle. On procède actuellement à des tests pour vérifier si la nappe phréatique peut supporter les débits de pompage.